Le printemps russe

(titre original : Russian spring)

 

Roman de Norman Spinrad, écrit en 1991, paru en deux volumes chez Folio SF (n7 et n8), traduit par Luc Carissimo.

Alors que les États-Unis s'enfoncent dans un militarisme paranoïaque exacerbé (suite logique du programme Guerre des étoiles de Ronald Reagan) et dans une période de récession et de repli sur soi, l'URSS s'ouvre à l'Europe dans la lignée de l'ère Gorbatchev. Jerry Reed, un Cadet de l'espace dont le rêve est brisé par les militaires qui ont pris les commandes du programme spatial américain, et Sonia Gagarine, qui goûte aux plaisirs de l'Europe occidentale, se retrouvent tous deux à Paris, où leur amour subira les aléas de la politique internationale...

Entamé en 1988 et achevé en 1991, ce roman était déjà caduc une fois terminé, car l'histoire l'avait rattrapé, occasionnant l'éclatement de l'Union Soviétique. Il n'en reste pas moins un plaidoyer vibrant pour la poursuite des rêves de chaque homme, malgré les entraves des réalités nationales. La passion de la conquête spatiale de Spinrad, ses rêves visionnaires, ses espoirs et ses craintes s'y expriment à leur pleine mesure. Voilà la saga d'une famille qui refuse de se soumettre aux vents contraires de l'histoire, et d'un amour impossible.

Le titre du roman est trompeur, car le véritable sujet de Spinrad n'est pas tant la Russie que son pays de cur, les États-Unis, l'Amérique de ses rêves, flambeau de la liberté, cette Amérique aujourd'hui trompée, bafouée, par des forces intégristes, mais qu'il espère voir renaître, comme dans Jack Barron et l'éternité, par une élection présidentielle... une évolution du pays via son propre système qui serait aussi improbable que miraculeuse.

La face idéaliste de l'auteur, son dernier roman "adolescent", à la naïveté assumée.

 

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